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juliannemooreL'actrice américaine en quatre films cultes

Si Julianne Moore n'a encore jamais remporté d'Oscar, elle reste l'une des rares actrices à avoir raflé un prix d'interprétation dans les trois plus grands festivals de cinéma : Cannes, Venise et Berlin.

Cannes a récemment salué sa prestation d'actrice hystérique, à l'égo démesuré, vivant dans l'ombre du fantôme de sa mère, dans Maps to the stars de David Cronenberg. Celle qui fit ses débuts à Hollywood en 1982 dans une minuscule série B, tourna par la suite avec les plus grands : Louis Malle, Robert Altman, Steven Spielberg, Ridley Scott, les frères Coen, Gus Van Sant, Neil Jordan, Alfonso Cuaron, Todd Haynes et Paul Thomas Anderson. Réputée pour sa force de travail, son audace et son investissement total dans le jeu d'actrice, Julianne Moore a joué dans tous les registres, du plus improbable des nanars érotiques aux côtés de Madonna (Body, de Uli Edel, 1993) au film d'auteur le plus exigeant (A single man, de Tom Ford, 2009), en passant par une poignée de films de genre (suspense, polars, aventure, science-fiction, et même horreur), alternant avec une aisance confondante films commerciaux et films indépendants. Elle manifeste une inclination particulière pour les grands auteurs européens, ce qui ne l'empêche pas d'incarner l'une de ses compatriotes, l'excentrique gouverneur de l'Alaska Sarah Palin, dans un téléfilm de Jay Roach, Game change (2012). Amatrice de nouveaux challenges, l'actrice fait ses débuts à Broadway en 2006, à l'âge de 45 ans, et pose nue pour la marque Bulgari à 49 ans. Fin 2007, Julianne Moore confessait au magazine Parade son autre passion, après le cinéma : l'écriture. Son premier livre (autobiographique !) pour enfants, Freckleface Strawberry, conte l'histoire d'une petite fille rousse qui tente de combattre les préjugés des autres enfants. A 54 ans, l'actrice poursuit une riche carrière, hors des sentiers ultra balisés de Hollywood. Bien malin qui peut dire ce que sera son prochain film... En attendant, nous vous proposons de (re)découvrir quatre chefs d'oeuvre qui ont jalonné sa brillante carrière.

 

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safeSafe/Todd Haynes, 1995.

A 35 ans, Julianne Moore est l'héroïne d'un long métrage pour la première fois. Dans ce film indépendant, élu par le Village Voice « meilleur film de l'année 1995 », elle incarne Carol, une femme au foyer vivant avec son mari et leur jeune fils dans une luxueuse villa de la banlieue résidentielle de Los Angeles. Alors qu'elle ne souffre d'aucun problème de santé particulier, Carol commence soudainement à avoir des problèmes respiratoires, dont la pollution et les produits chimiques pourraient être la cause. Les examens médicaux ne décelant aucune anomalie physiologique, Carol, qui voit ses crises s'intensifier et devenir de plus en plus fréquentes, se tourne vers les thérapies New Age. Elle intègre un centre spécialisé « non vicié », situé en plein désert du Nouveau-Mexique. Là, Carol tente une autre approche de sa maladie et noue des liens affectifs avec d'autres patients. Mais le chemin de la guérison doit-il passer par le sacrifice de sa propre famille ? Ou bien la famille est-elle précisément à l'origine des symptômes que développe Carol ?

Le film fascine par sa propension à ouvrir des pistes de réflexion, sans jamais porter de jugement, que ce soit sur Carol ou les membres du centre qu'elle fréquente. Si les maladies environnementales sont bel et bien une réalité, il semblerait cependant qu'elles ne soient pas la seule cause possible des troubles de l'héroïne. Quand finalement Carol, ne pouvant même plus supporter l'eau de Cologne de son mari, se replie dans un igloo, munie de son masque respiratoire et de sa bouteille d'oxygène, telle une tortue entrant dans sa carapace, on peut se demander ce qui est pire : la pollution, ou la peur de la pollution ? A partir de ce film, Julianne Moore deviendra l'égérie de Todd Haynes et tournera dans deux autres de ses longs métrages : Loin du paradis en 2002, et I'm not there en 2007, film retraçant la vie de Bob Dylan.

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Bande-annonce (VO) : 


the big lebowskiThe big Lebowski/Joel & Ethan Coen, 1998

On ne présente plus « Le Duc » (Jeff Bridges), fainéant sans emploi, grand amateur de bowling et de Russes Blancs, victime d'une erreur d'identité qui l'entraîne dans une spirale infernale. Cette comédie pastichant les films noirs des années 50 est l'exemple même des films dans lesquels Julianne Moore ne tient qu'un rôle secondaire, en apparence anodin, mais ô combien marquant ! L'actrice en profite pour faire montre de son talent comique, peu exploité jusqu'alors : dans le rôle de Maude Lebowski, fille d'un millionnaire dont la jeune épouse nymphomane a été enlevée, elle est une peintre féministe qui a une façon toute particulière de pratiquer son art... dans le plus simple appareil ! Il faut voir comment elle tente de faire prononcer le mot « vagin » à un Duc médusé dans son jogging-pantoufles... Culte, tout dans ce film est culte !

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Bande-annonce (VO) : 


magnoliaMagnolia/Paul Thomas Anderson, 1999

Après avoir collaboré une première fois avec Paul Thomas Anderson dans Boogie nights, en 1997, Julianne Moore tourne dans le très remarqué Magnolia, film choral de plus de trois heures se déroulant sur une journée, sans temps mort. Selon son auteur, «Magnolia est un film sur la tristesse et le deuil, sur l'amertume de la vie, sur les enfants maltraités et les adultes qui s'auto-détruisent». A travers l'histoire de neuf personnages aux destins tragiques entre-croisés, le film se donne à voir comme une fable sur les êtres humains et les liens complexes qui se tissent entre eux, sur les douleurs du passé jamais vraiment éteintes, et les hasards et coïncidences qui font que nos vies sont ce qu'elles sont. Au milieu de ce chaos (et d'un casting ébouriffant), émerge le personnage de Linda (Julianne Moore), jeune épouse d'un homme âgé et malade, sur le point de mourir. Linda l'a épousé pour sa fortune, mais se sent soudain prise de remords face à l'imminence de la mort... Après avoir gentiment pété les plombs dans une pharmacie au cours d'une mémorable scène, Linda survivra t-elle à cette journée particulièrement éprouvante sur le plan émotionnel... et chaotique sur le plan météorologique ?

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Bande-annonce (VF) : 


loinparadisLoin du paradis/Todd Haynes, 2002

Dans ce vibrant hommage au mélodrame façon Douglas Sirk, Julianne Moore incarne Cathy Whitaker, femme au foyer, épouse et mère modèle vivant dans le Connecticut des années 50. Les Whitaker forment en apparence un couple parfait, soudé par la réussite professionnelle du mari et le dévouement sans limites de Cathy, que les journalistes (et langues de vipères) interviewent volontiers pour alimenter les rubriques mondaines de leurs papiers. Mais le bonheur n'est qu'une façade, une apparence qu'il s'agira de sauver le plus longtemps possible... Mais jusqu'à quand ? 

Todd Haynes aborde ici les thèmes de la différence des classes sociales, du sexisme, du racisme et de l'homosexualité (traitée comme une véritable maladie dans les années 50, électrochocs à l'appui). Esthétiquement, le film épouse les codes du mélodrame dans ce qu'il a de plus noble, avec ses couleurs flamboyantes, ses paysages automnaux chatoyants, auxquels répondent les tenues mordorées de ces dames ! Et comme dans tout mélodrame, vouloir dépasser sa condition sociale ou sortir de son rang pour affronter les préjugés se paye au prix fort...

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Aline B.

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