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min liberaceUn biopic avec Michael Douglas et Matt Damon (2013)

Avant Elvis, Elton John et Madonna, il y a eu Liberace : pianiste virtuose, artiste exubérant, bête de scène et des plateaux télévisés.

Liberace affectionnait la démesure et cultivait l'excès, sur scène et hors scène. Un jour de l'été 1977, le bel et jeune Scott Thorson pénétra dans sa loge et, malgré la différence d'âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans. "Ma Vie avec Liberace" narre les coulisses de cette relation orageuse, de leur rencontre au Las Vegas Hilton à leur douloureuse rupture publique...

Le très éclectique Steven Soderbergh (Sexe, mensonges et vidéo, Solaris, Ocean's eleven, Hors d'atteinte, Erin Brockovich, Traffic, Contagion...), avait en tête une évocation de la vie de Liberace depuis une quinzaine d'années. La lecture de l'ouvrage autobiographique de Scott Thorson, Behind the candelabra, lui en a fourni la matière. Le film est avant tout une histoire d'amour, telle que peuvent en vivre beaucoup de couples, du choc de la première rencontre aux envolées haineuses finales, en passant par la relation exclusive et fusionnelle. En revanche le cadre dans lequel évolue cette histoire est moins banal : tout dans l'univers de Liberace n'est que luxe, paillettes, fourrures, soieries et ornements rococo pour le moins ostentatoires. Pourtant, sous le strass des exubérantes tenues (fin des années 70 oblige !) et derrière les silhouettes indéfiniment remodelées (Scott ira jusqu'à accepter de subir les assauts d'un chirurgien esthétique douteux pour plaire davantage à son pygmalion), les sentiments sont bien réels. Sans mièvrerie mais avec une sincérité presque désarmante, les deux amants jouent leur partition enflammée, parfaits de bout en bout. Michael Douglas est époustouflant dans le rôle de Liberace, rôle qui marque son grand retour sur les écrans après une bataille contre un cancer dont il est sorti victorieux. Quant à Matt Damon, il irradie dans le rôle du jeune premier sans repères qui quitte son Texas natal pour aller se frotter aux lumières de Las Vegas.

Si l'histoire d'amour constitue la trame principale du film, Soderbergh en profite au passage pour égratigner les mœurs du show-biz des années 80 : culte du corps et de l'apparence grâce auquel des pseudos-chirurgiens sans scrupules, véritables gourous, bâtissent des empires en or massif, usage quotidien de drogues et d'alcools pour toujours être au top, déni total de l'homosexualité des artistes célèbres... C'est d'ailleurs parce qu'il aborde frontalement le thème de l'homosexualité que le film n'a pas trouvé de distributeur sur le territoire américain. Privé de projection en salles, il a dû se contenter d'une diffusion sur la chaîne HBO, qui l'a produit... ce qui ne l'a pas empêché de réaliser une audience record avec près de 2.5 millions de téléspectateurs !

Soderbergh, extraordinaire conteur et cinéphile passionné, adresse dans l'une des scènes finales un clin d'œil à Joseph Mankiewicz et à sa fable acide sur les turpitudes de Hollywood, Eve (1950) : dans la loge de Liberace, après un show enflammé, un nouveau venu, plus jeune, plus beau que Scott, attend patiemment le moment où, à son tour, il pourra pénétrer dans les alcôves du maître et goûter un peu aux lumières de la gloire...

Le cinéaste américain a annoncé que Ma vie avec Liberace serait son dernier film. Mais à Hollywood, tous les espoirs sont permis...

Aline B.

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La bande-annonce en VOST :

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