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cineclub familleTrois variations cinématographiques novatrices sur le thème de la famille

La famille a toujours été une source d'inspiration inépuisable pour les artistes, cinéastes compris, qui n'ont cessé d'y puiser la matière d'œuvres fortes et personnelles.

Curieux paradoxe de notre époque : à l'heure où la notion même de famille est sujette à de vives polémiques, elle semble constituer, pour beaucoup, une valeur refuge, un ultime rempart contre les crises et les violences qui gangrènent nos sociétés modernes. Ce trimestre, nous avons volontairement choisi des films récents pour illustrer cette thématique dans l'air du temps : Boyhood de Richard Linklater (2014), Mommy de Xavier Dolan (2014) et Couleur de peau : miel de Jung et Laurent Boileau (2012).

Aline B.


boyhoodBoyhood, de Richard Linklater, avec Ethan Hawke, Patricia Arquette, Ellar Coltrane.

Sorti sur les écrans le 23 juillet dernier, Boyhood est un film unique sur la famille et le temps qui passe. Unique par sa forme et son dispositif : pendant douze ans, le cinéaste a suivi et filmé les protagonistes de l'histoire : le jeune Mason, que l'on va suivre depuis ses six ans jusqu'à sa majorité, sa sœur et sa mère, séparée de son père. Le film est donc nourri de toutes ces choses qui font le quotidien d'une vie pendant plus d'une décennie : les déménagements, les rentrées des classes, les amis, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui font faire entrer Mason dans l'âge adulte.
Suivre l'évolution des personnages sur douze ans, c'est aussi voir à l'écran l'évolution des comédiens eux-mêmes ! Linklater a donc dû trouver des comédiens qui acceptent de se voir vieillir sur une aussi longue période ; pour cela il a pu compter sur Ethan Hawke, son acteur fétiche, présent notamment dans sa trilogie Before sunrise, Before sunset et Before midnight, et sur l'actrice Patricia Arquette, qui a tout de suite été séduite par le côté novateur et audacieux du projet. Le réalisateur a également fait tourner sa propre fille, Lorelei Linklater, dans le rôle de Samantha.
Techniquement, Linklater a démarré son film sans scénario, sans dialogues préétablis. Chaque année, il réunissait ses troupes pour trois ou quatre jours, durant lesquels il enregistrait de courts segments de 10 à 15mn. Les répliques étaient rédigées au fil du temps, selon la direction que prenaient les acteurs et l'évolution des personnages. Le montage n'a été réalisé qu'une fois la dernière scène tournée.
Boyhood, c'est un curieux mélange de fiction et de documentaire, à forte teneur autobiographique : de nombreux éléments sont inspirés de la vie du cinéaste, comme la séparation de ses parents ; et comme le jeune Mason, Linklater a développé très tôt une forte inclination vers les arts, et est végétarien !
Ce film est aussi une occasion en or pour passer en revue douze années de culture : culture littéraire et cinématographique, à travers ce que lisent ou regardent les personnages, et surtout culture musicale, à travers une BO composée des titres et succès qui ont résonné dans nos oreilles entre 2002 et 2013.
Ours d'Argent du Meilleur Réalisateur au festival de Berlin 2014, Boyhood a eu la malchance de sortir au cœur de l'été, ce qui ne l'a pas aidé à rencontrer son public ; nous vous offrons donc une belle séance de rattrapage, jeudi 25 septembre à 20h au cinéma Concorde à Pont-à-Mousson. 

Bande-annonce (VO) :

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mommy3Mommy, de Xavier Dolan, avec Antoine-Olivier Pilon, Suzanne Clément, Anne Dorval.

Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l'aide inattendue de l'énigmatique voisine d'en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d'équilibre et, bientôt, d'espoir...

Enfant prodige du cinéma québécois, Xavier Dolan a tout juste vingt ans lorsqu'il présente au public son premier long métrage, J'ai tué ma mère, sélectionné à la 41ème Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes 2009. Depuis lors, à raison de près d'un film par an, tous présentés dans des festivals de cinéma majeurs, Dolan ne cesse de démontrer l'étendue de son talent : Les amours imaginaires en 2010 met en scène les mésaventures d'un trio amoureux ; Laurence anyways en 2012 offre à Melvil Poupaud l'un de ses plus beaux rôles ; l'année suivante, Tom à la ferme permet au cinéaste d'explorer les codes du thriller. En 2013 il collabore également avec le groupe Indochine, pour lequel il réalise le vidéo clip College Boy. Jugé trop violent (un jeune garçon, dans un internat, subit des moqueries du fait de son homosexualité dans l'indifférence générale), le clip suscitera de vives polémiques.

Pour Mommy, l'acteur/réalisateur confie avoir souhaité privilégier un retour à la simplicité des sentiments des personnages, grâce notamment à une direction d'acteurs moins cérébrale, moins théâtrale que dans ses précédents films. Au casting de Mommy figurent les deux muses du cinéaste, présentes depuis ses débuts : Anne Dorval et Suzanne Clément. La prestation de cette dernière dans Laurence anyways lui avait valu le Prix d'Interprétation Féminine dans la catégorie Un Certain Regard du festival de Cannes 2012. Mommy marque également la troisième collaboration entre Dolan et le jeune acteur Antoine-Olivier Pilon, qui incarnait le College Boy du clip d'Indochine.

C'est après avoir testé le format d'image 1 : 1 sur ce clip que Dolan avait souhaité réitérer l'expérience sur un long métrage. On retrouvera donc dans Mommy cette image verticale, sous forme de quadrilatère, à l'instar des pochettes d'albums ; un format qui, selon le cinéaste, encadre les visages à la perfection et place les sujets véritablement au centre de l'image, sans distraction possible. Et s'il y a bien un sujet qui obsède le cinéaste, c'est celui de la mère. Au-delà du rapport avec sa propre mère, c'est la figure maternelle dans son universalité qu'il aime analyser, décortiquer et explorer à l'infini. A l'époque de J'ai tué ma mère, le cinéaste avait voulu, symboliquement, punir sa mère. Cinq ans plus tard, il tente de la venger avec Mommy.

Talentueux et ambitieux, Dolan ne cachait pas ses espoirs de remporter la distinction suprême lors du dernier festival de Cannes, où Mommy concourrait en compétition officielle. Le jury, présidé par Jane Campion, ne lui a pas décerné la Palme d'Or, mais le Prix du Jury, ex-aequo avec Adieu au langage de Jean-Luc Godard. Dolan a déclaré depuis vouloir mettre (momentanément) entre parenthèses sa carrière cinématographique, qui jusqu'à présent ne lui a pas vraiment laissé le temps de souffler. Pour se consacrer à la musique, ou à la littérature, peut-être ?

Sortie prévue sur les écrans le 8 octobre ; séance spéciale ciné club au cinéma Concorde le 16 octobre à 20h.

Bande-annonce :

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couleurdepeauCouleur de peau : miel, de Jung et Laurent Boileau.

Ils sont 200 000 enfants coréens disséminés à travers le monde depuis la fin de la guerre de Corée.
Né en 1965 à Séoul et adopté en 1971 par une famille belge, Jung est l'un d'entre eux.
Adapté du roman graphique Couleur de peau : Miel, le film revient sur quelques moments clés de la vie de Jung : l'orphelinat, l'arrivée en Belgique, la vie de famille, l'adolescence difficile... Il nous raconte les événements qui l'ont conduit à accepter ses mixités. Le déracinement, l'identité, l'intégration, l'amour maternel, tout comme la famille recomposée et métissée, sont autant de thèmes abordés avec poésie, humour et émotion... Réalisé dans un étonnant mélange d'images réelles et dessinées, entre présent et souvenirs, utilisant à l'occasion des archives historiques et familiales, Couleur de peau : Miel est un récit autobiographique d'animation qui explore des terres nouvelles.

Cette troisième et dernière séance ciné club du trimestre sera donc plus particulièrement axée vers la question de l'adoption. A cette occasion, la médiathèque vous propose, en partenariat avec l'association Enfances & Familles d'Adoption 54 & 55, une rencontre exceptionnelle avec l'auteur de bande dessinée et cinéaste Jung. La projection du film aura lieu le samedi 29 novembre à 14h au cinéma Concorde, et sera suivie d'une discussion et d'une séance de dédicaces avec Jung.

Bande-annonce (VF) :

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