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min habitantsFilm documentaire français (2016)

Comme un avant-goût des vacances, un petit tour en caravane sur les routes de France...

Raymond Depardon part à la rencontre des Français pour les écouter parler. De Charleville-Mézières à Nice, de Sète à Cherbourg, il invite des gens rencontrés dans la rue à poursuivre leur conversation devant nous, sans contrainte, et en toute liberté... 

Lorsqu’il photographie la France de 2004 à 2010 (série de photos dont naîtra le film Journal de France en 2012), Raymond Depardon prend beaucoup de plaisir à écouter les conversations des gens dans la rue. Il a alors l’idée de filmer ces échanges et se demande quel dispositif mettre en place pour le faire. Son idée n’est pas d’interviewer les gens à proprement parler, mais de leur offrir un espace où ils pourraient échanger, sans se sentir observés, sur les sujets qui leur tiennent à cœur.

C’est donc une petite caravane toute simple qui va servir de studio ambulant, et accueillir entre cinq et dix « binômes » par étape : couples, ami(e)s, parent/enfant, frère/sœur... installés à une petite table, et filmés de profil par une caméra se trouvant derrière une paroi. Là, à l’abri des regards et des bruits extérieurs, les conversations se lâchent et vont bon train, souvent banales et anodines, parfois touchantes et bouleversantes...

Ce voyage sur les routes de France, de mai à juillet 2015, fera étape dans une quinzaine de villes réparties sur tout le territoire. Des villes moyennes, comme Charleville-Mézières ou Saint-Nazaire ; de grandes villes comme Bayonne ou Nice. Devant la caméra se succéderont des personnes d’âges, d’origines et de catégories sociales diverses. Une chose frappe d’emblée : l’aisance avec laquelle les personnes s’expriment, comme si la caravane n’était au fond que la continuité du café ou du bout de trottoir sur lequel elles ont entamé leur conversation. Mieux encore, comme si la caravane leur offrait un espace d’intimité bienvenu, un cocon. Jamais le réalisateur n’intervient, jamais il n’apparaît à l’écran.

depardonbEt puis, au fil de la route et des mélodies soyeuses d’Alexandre Desplat, autre chose nous saute aux yeux (ou plutôt, aux oreilles) : la quasi invariabilité des sujets évoqués. Au fond, il ne sera question que de quelques thèmes essentiels, personnels et universels : le couple, la famille, le travail, et les craintes face à l’avenir. Une géographie de l’intime en quelque sorte, qui supplante les préjugés et les clivages sur les régions (Nord/Sud).

Cette France dont nous parle Raymond Depardon, nous la connaissons bien, et pourtant nous l’avons un peu perdue de vue. Elle nous est à la fois familière et lointaine, comme le souvenir un peu vague des vacances de notre enfance.

On pourra se demander au fond, pourquoi une telle démarche. On pourra trouver l’ensemble un peu répétitif, ou un peu trop lisse (aucun sujet « polémique », comme la politique). On pourra juger le dispositif artificiel, peu naturel. Il n’empêche : peu nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, vont à la rencontre des autres pour réellement les écouter. Sans jugement, ni contrainte, ni enjeu masqué. Ainsi va Raymond Depardon, observateur inlassable et curieux de ses contemporains.

Aline B.

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