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min carrhesLivre documentaire (Les belles lettres, 2011)

Carrhes, un nom synonyme de l’une des pires défaites jamais essuyées par l’armée romaine.

En 53 avant J.-C., à Carrhes (aujourd’hui Harran en Turquie), les forces parthes, maîtresses de l’Iran et commandées par Suréna affrontent les légions romaines du proconsul Marcus Licinius Crassus. Le bilan de l’affrontement se solde non seulement par un désastre sur le plan des pertes côté romain : « sur les quarante mille légionnaires attestés par Plutarque, vingt mille tombèrent sur le champ de bataille et seuls dix mille survécurent, organisés en deux légions » mais également par une humiliation avec la capture des aigles des légions romaines en sus de nombreux prisonniers. Sur le plan tactique, la cavalerie parthe conserve la supériorité sur l’infanterie romaine et l’archer monté sur l’homme de troupe.

L’auteur replace la bataille dans son contexte militaire, historique, politique et diplomatique et explique, avec la méconnaissance de l’ennemi, en quoi la tactique des Parthes (combinaison des archers et de la cavalerie cuirassée), à Carrhes, fut décisive ; elle invite à reconsidérer les tenants et aboutissants de cette bataille à la lumière des sources historiographiques des deux camps (malgré la rareté des sources iraniennes). Carrhes constitue une défaite cinglante dont les répercussions se firent longtemps ressentir à Rome. Carrhes, 9 juin 53 avant J.-C. – Anatomie d’une défaite enfin replace ce combat dans le conflit multiséculaire entre l’empire romain et l’empire iranien.

Un travail plutôt court, mais stimulant, au style pertinent et servi par une abondante bibliographie (plus de 30 pages) et de non moins abondantes notes (plus de 30 pages également). On peut tout juste regretter l’absence toute relative des cartes présentes en début d'ouvrage et des schémas tactiques (tributaires de la pauvreté des sources de l’époque) heureusement compensée par la présence d'un livret d'illustrations central avec plusieurs documents en couleur. Néanmoins, l'ouvrage a le mérite de combler un vide, le sujet n’ayant quasiment pas été traité en français.

Avec le recul, cette bataille a interdit tout rapprochement direct entre l’Occident et la Chine dès l’Antiquité. Heureusement, Marco Polo et consorts ont contribué à rattraper le temps perdu….

Patrick B.

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