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min mystereUn documentaire espagnol avec les participations de Salman Rushdie, Orhan Pamuk, William Christie, Renée Fleming... (2016)

Qu'y a t-il dans la tête de Jérôme Bosch ?

500 ans après sa disparition, Jérôme Bosch, l’un des plus grands peintres flamands, continue à intriguer avec une œuvre aussi fascinante qu’énigmatique, aux interprétations multiples. À travers Le Jardin des Délices, historiens de l’art, philosophes, psychanalystes, en cherchent le sens et rendent un hommage vibrant à un artiste qui défie le temps.

Autant l’avouer d’emblée : la vision de ce documentaire espagnol passionne mais soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses... Le jardin des délices, œuvre majeure de Jérôme Bosch, a traversé les âges et les époques en exerçant sur les spectateurs une fascination intacte.

Tout d’abord, le contexte même de la création du triptyque demeure incertain : quand exactement a t-il été réalisé ? Qui est son commanditaire ? Quel était son titre original ? A partir de 1538, la liste des propriétaires successifs est établie. En 1568, le duc d’Albe, envoyé par la couronne espagnole, confisque l’œuvre à Guillaume 1er d’Orange, n’hésitant pas à recourir à la torture pour savoir où elle se trouve. Dès lors, Le jardin des délices ne quittera plus l’Espagne, son dernier voyage étant son transfert en 1939 au musée du Prado de Madrid, où il se trouve toujours*.

Si l’œuvre est issue du Moyen Age dans un style proche de celui de l’enluminure, elle appartient aussi à l’ère de la Renaissance, et à ce titre, propose une vision du monde cryptée que seule une élite pourrait déchiffrer, d’où la multiplicité des interprétations possibles. Au fil des siècles, différentes lectures de l’œuvre se sont ainsi succédées : religieuse bien sûr, mais aussi alchimique, symbolique, astrologique, psychanalytique...

Le jardin des délices offre d’abord une chronologie : les panneaux extérieurs présentent la création du monde, le panneau intérieur gauche offre une vision du Paradis, le panneau central dépeint l’humanité avant le déluge, enfin le panneau de droite livre une vision de l’Enfer.

jardinUne chose est sûre : il faut du temps au spectateur pour « entrer » dans le tableau. Pour embrasser cette profusion de personnages, ces paysages fantasmagoriques, ces créatures hybrides, monstrueuses, ces animaux aux proportions parfois inquiétantes. Pour admirer ce sens inouï du détail. Pour saisir la récurrence de certains éléments comme les fruits (en particulier l’arbouse). Pour tenter de répondre à quelques questions, au hasard : comment Jérôme Bosch, qui n’a jamais vu d’animaux exotiques, peut-il peindre avec une telle précision une girafe et un éléphant? Que font ces deux personnages cachés dans une moule géante transportée sur le dos d’un troisième? Le peintre s’est-il représenté lui-même, de façon ironique, sous les traits de l’Homme-arbre qui regarde le spectateur droit dans les yeux sur le troisième volet, celui de l’Enfer?

Chacun peut y voir de quoi nourrir son imaginaire le plus débridé. Les chercheurs en histoire de l’art seraient néanmoins d’accord sur un point : une lecture de l’œuvre en fonction de sa finalité. Elle aurait été exécutée pour un mariage et servirait ainsi de « miroir nuptial », sorte de manuel d’éducation à destination des nouveaux mariés, pour leur montrer l’importance du respect des liens sacrés de l’institution divine.

Devant la caméra de José-Luis Lopez-Linares se succèdent visiteurs anonymes du Prado et figures contemporaines témoignant de l’importance de l’œuvre dans leur vie : le philosophe français Michel Onfray, l’écrivain britannique Salman Rushdie, ou encore l’artiste chinois Cai Guo-Qiang. Les détails de l’œuvre se succèdent en gros plans sur des chansons de Jacques Brel ou Lana Del Rey. Plus étonnant encore, en montage parallèle, des images d’archives de Woodstock...

Attention, la vision de ce documentaire peut susciter un désir fou : à défaut de tout comprendre (mais le faut-il vraiment ?), pouvoir plonger un jour, « en vrai », au musée du Prado, dans ce Jardin des délices aux mystères infinis...

Aline B.

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* source : Wikipédia

 

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