min contactun film de science fiction avec Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker (2016)

Quel est le premier mot que vous échangeriez avec un extra-terrestre ?

Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions. Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses. Pour les obtenir, la jeune femme va prendre un risque qui pourrait non seulement lui coûter la vie, mais détruire le genre humain…

A l’heure où sort en salles le très attendu Blade Runner 2049 du canadien Denis Villeneuve, le moment est bien choisi pour découvrir son précédent film, Premier contact (Arrival en VO), sorti en salles en décembre dernier. Adapté d’une nouvelle de l’écrivain Ted Chiang intitulée L’histoire de ta vie et publiée en 1998, le film a permis au cinéaste de réaliser un rêve de gosse : tourner un film de science-fiction. Il a déjà exploré plusieurs genres : le drame (Incendies), le thriller (Prisoners, Enemy), le polar (Sicario), avec la même efficacité redoutable ! Car Villeneuve sait exactement où il veut en venir, où il veut emmener le spectateur… mais le spectateur, lui, ne le sait pas, et embarque à chaque film pour un voyage dont l’issue paraît incertaine, jusqu’au dénouement final.

Premier contact ne déroge pas à la règle. Les premières scènes, baignant dans une atmosphère douce, montrent une mère et sa fille à plusieurs âges de la vie. A ce stade, on en sait juste assez pour comprendre qu’un drame se joue là, et pour deviner que les extra-terrestres ne seront peut-être pas le seul enjeu du film…

C’est le pari réussi de Premier contact : prendre le film de genre comme prétexte pour raconter tout autre chose. Villeneuve s’amuse à inverser les codes d’une manière inédite et surprenante, en filmant des extra-terrestres de façon anti spectaculaire, quasi intimiste (tout en assumant le risque d’une vraie représentation des aliens et de leurs vaisseaux !), et en injectant du lyrisme dans les scènes intimes. Comme si les extra-terrestres pouvaient finalement nous être plus familiers que les humains… L’univers poétique et symbolique de Terrence Malick n’est pas loin, même si l’influence majeure revendiquée est le mythique Rencontres du 3ème type de Steven Spielberg.

L’élément central de l’intrigue, le fil rouge de l’histoire, est le langage, le "contact" auquel se réfère justement le titre français. Là encore, le film fait bien plus que répondre à la simple et traditionnelle question : les humains et les extra-terrestres vont-ils parvenir à communiquer et à se comprendre ? Il illustre de façon presque documentaire comment le langage façonne notre pensée et notre manière d’appréhender le monde. 

Enfin la façon dont est abordée la temporalité, tant du point de vue extra-terrestre que de la mise en scène elle-même, constitue un véritable tour de force. Mais cela, impossible de le saisir pleinement avant les toutes dernières secondes du film…

Pas le temps d’aller voir Blade Runner 2049 au ciné ? Pas grave, le vaisseau Premier contact vous attend !

Aline B.

Voir sur le catalogue