Lumières d'été / Jean-Gabriel Périot - Médiathèques du Bassin de Pont-à-Mousson

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min lumieresUne échappée belle avec Hiroto Ogi et Akane Tatsukawa (2017)

"A Paris, tout le monde s'en fout d'Hiroshima"...

Akihiro, réalisateur japonais vivant à Paris, vient à Hiroshima interviewer des survivants de la bombe atomique. Profondément bouleversé par ces témoignages, il fait une pause et rencontre dans un parc une étrange jeune femme, Michiko. Petit à petit, il se laisse porter par la gaîté de Michiko et décide de la suivre pour un voyage improvisé à travers la ville, jusqu'à la mer...

Il y a d’abord cette longue séquence d’ouverture, au cours de laquelle une «hibakusha», une survivante des bombardements atomiques, raconte son histoire avec clarté et précision. Nous sommes dans un studio. Tout est réglé au millimètre : cadre, image, son. Akihiro, le réalisateur, laisse à la parole de la vieille dame le temps nécessaire pour se déployer, soucieux de lui permettre de faire une pause au besoin… mais Mme Takeda ne veut pas de pause, elle veut raconter, encore et encore, l’ineffable, ce jour de 1945 qui vit le monde basculer dans l’horreur de l’ère atomique. Au fond, on sent Akihiro désarmé, un peu gêné, par cette parole fluide et libre. Le jeune homme, qui réalise un documentaire pour la télévision française, a lui, bien besoin d’une pause…

La suite, c’est la vie, la vie comme elle va à Hiroshima, les pulsations de la ville 70 ans après le bombardement qui réduisit tout en cendres. Rendu à la sublime luminosité de ce jour d’été, sorti des contraintes artificielles du studio, Akihiro fait une rencontre inattendue. Dans le «parc de la Paix», sur un banc, une jeune femme l’aborde avec audace. Elle est gaie, vive, curieuse, spontanée, et semble intarissable ! D’abord réticent, Akihiro accepte de la suivre, bien plus loin qu’il n’aurait pu l’imaginer… Si elle semble de prime abord l’éloigner du sujet de son film, la rencontre avec Michiko va s’avérer tout aussi précieuse que le témoignage de Mme Takeda. Le personnage principal du film, c’est bien elle : Michiko à la voix claire et perchée comme celle d’un oiseau, fugace apparition dans la vie de Akihiro qui fera dire à celui-ci, plus tard, qu’elle est «comme un fantôme qui apparaît et disparaît brusquement». Le visage tantôt rayonnant, la mine tantôt grave et assombrie, Michiko incarne à elle seule les contradictions de cette ville résolument tournée vers l’avenir, mais dont les stigmates du passé surgissent à chaque coin de rue.

Après un premier long métrage sorti en salles en 2015, Une jeunesse allemande, Jean-Gabriel Périot continue d’interroger les rapports entre violence et histoire, mémoire et images, ouvrant un espace de réflexion sur notre monde et les rapports humains. Lumières d’été cartographie l’intime pour mieux saisir l’universel, et possède la grâce et la douceur des cerisiers japonais en fleurs.

Aline B.

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