Boys don't cry / Kimberly Pierce - Médiathèques du Bassin de Pont-à-Mousson

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min boysdontcryUne film américain avec Hilary Swank, Chloë Sevigny, Peter Sarsgaard... (Twentieth Century Fox, 1999)

Une oeuvre dont la dureté n'a d'égal que la finesse de son propos.

Dès les premières images, les personnages, la narration, l'esthétique, tout s'entremêle pour nous entraîner dans un conte social dramatique et lumineux. Pour adapter ce fait divers, la réalisatrice est d'abord passée par une étape de documentation, collectant les témoignages, recoupant les informations. Il lui fut malgré tout difficile de faire la lumière sur cette affaire. Elle a finalement choisi de livrer cette histoire par le prisme de sa propre sensibilité, et ça marche ! Le film s'ouvre sur une séquence clef : la transformation physique de Teena en Brandon. Cheveux rasés, poitrine emprisonnée par un bandage compressif, Brandon aborde le monde avec une joie hystérisante que lui procure le bien-être de cette nouvelle apparence. Ces quelques images suffisent à entrevoir ce qu'a pu être son passé et sa construction identitaire contrariée. On ne connaitra donc que très peu de son enfance, l'important dans cette approche n'étant pas la "crise identitaire" en elle-même mais la façon dont l'environnement du personnage la perçoit.

Inutile de se perdre en conjectures, le propos apparaît alors comme une évidence. Il ne traite pas tant de la crise identitaire du personnage que de celle d'une jeunesse perdue, intolérante, se raccrochant à des repères sociaux archaïques. La chanson éponyme l'illustre parfaitement : "Boys don't cry" comme un ordre qu'on intime aux garçons, cette dureté qu'ils doivent incarner pour être reconnus et acceptés par leurs pairs.

Boys don't cry est un film à la fois énergique et sensible porté par des comédiens habités, Chloë Sevigny (qu'on a découvert dans Kids de Larry Clark) et Hilary Swank (Insomnia, Million dollar baby, Le dalhia noir) qui donne là toute la mesure de son talent.

Delphine D.

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