Mon compte

Identification OPAC

Mes recherches

A partir d'ici, vous pouvez lancer directement une recherche dans le catalogue

Aide

min fleuveUn drôle de polar avec Vincent Cassel, Romain Duris, Sandrine Kiberlain (2018)

Attention, une plongée dans les eaux de ce Fleuve Noir pourrait bien... vous faire (sou)rire !

Au sein de la famille Arnault, Dany, le fils aîné, disparaît. François Visconti, commandant de police usé par son métier, est mis sur l’affaire. L’homme part à la recherche de l’adolescent alors qu’il rechigne à s’occuper de son propre fils de seize ans, qui semble mêlé à un trafic de drogue. Yan Bellaile, professeur particulier de Dany, apprend la disparition de son ancien élève et propose ses services au commandant. Il s’intéresse de très près à l’enquête. De trop près peut-être...

Une drôle d’impression saisit d’emblée quand, lors de la première séquence, Sandrine Kiberlain tente d’expliquer à Vincent Cassel les circonstances étranges de la disparition de son fils… Il faut un peu de temps pour s’habituer à ce curieux mélange de noirceur, de réalisme glauque façon Olivier Marchal, et de… cabotinage risible ! Au point qu’on se pose la question : est-on en train de regarder un polar, ou une comédie ?!

Car si les actrices jouent la carte de la sobriété (Sandrine Kiberlain donc, secondée par Elodie Bouchez et Hafsia Herzi), on ne peut pas en dire autant des acteurs. Vincent Cassel est une caricature de flic : alcoolo, largué bien sûr par sa femme, fumant clope sur clope, cheveux gras et cernes lui dévorant le visage, jusqu’à l’imper miteux tout droit sorti de la garde-robe de Columbo (dommage, le basset artésien ne figure pas au casting). Tout cela est bien sûr déjà vu et pas franchement gênant en soi, mais pourquoi ce jeu et cette diction dignes d’une (mauvaise) pièce de théâtre ? Le spectateur qui s’interroge n’a pourtant pas tout vu : arrive Romain Duris… et l’envie d’éclater de rire ! Lui aussi a visiblement reçu la consigne de surjouer son personnage, un professeur proche de l’élève disparu… De Vincent Cassel ou Romain Duris, bien malin qui dira lequel des deux cabotine le plus.

Etrangement, on ne parvient pas vraiment à se détacher d’eux. Si le jeu sonne parfois faux, il reste à ces personnages une vraie mélancolie, et on reste dans leur sillage jusqu’au bout, impatients de connaître le dénouement de l’intrigue. Même si, et ce n'est pas courant pour un polar, on se moque éperdument de ce qui est arrivé au disparu, à la victime présumée, car ceux qui l’entourent sont bien plus fascinants : cette mère de famille dévouée à ses enfants, qu’on sent porteuse d’un lourd secret ; ce flic prêt à tout pour la sauver tout en sombrant lui-même ; ce prof à la sexualité trouble, dont les ambitions d’écrivain vont être curieusement ravivées par l’affaire… Dans ce nid de névroses et de vipères, le spectateur se coule, presque malgré lui, avec une certaine délectation.

Aline B.

Voir sur le catalogue

 

L’ajout de commentaire n’est pas autorisé, vous devez vous connecter