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min tuerieBande-dessinée (Editions Les Arènes, 2019)

Une bande dessinée politique et sociale. C’est une enquête qui se lit comme un polar.

Laurent Galendon est auteur de Lip, l’Appel, Vivre à en mourir, la Parole du muet, Patrice Gentilhomme, entre autres, et a remporté de nombreux prix de 2007 à 2012.

Nicolas Otero a illustré : 24h de la vie d’une femme, Amazonia, Amérikkka, Confessions d’un enragé, Morts pour la France,… S’il n’était pas facile de mettre en images la vie au sein d’un abattoir, Nicolas Otero a su dessiner les « bonnes » images afin de ne pas repousser le lecteur.

Que raconte La tuerie ? C’est une enquête policière qui se déroule dans un abattoir. Autant dire que le sujet est plus que jamais au cœur de l’actualité. Ce qui fait de cette BD un documentaire.

Récemment sorti de prison, Yannick a encore en mémoire la tragique disparition de son frère cadet Killian, mort par overdose quatre ans plus tôt au sein d’un abattoir. Afin d’en comprendre les raisons, Yannick entre à son tour dans ce monde froid, où les conditions d’abattage et les cadences infernales démontrent des pratiques bien peu reluisantes. Autant dire que le sang n’a pas fini de couler !

La tuerie est le secteur de l’abattoir où l’on abat les bovins. C’est aussi le plus redouté mais le mieux payé grâce aux primes. Le travail en abattoir est difficile à cause des cadences infernales imposées par la direction, l’abattage des animaux n’est pas toujours effectué correctement et crée des polémiques, les cadences sont infernales, le découpage des carcasses à la disqueuse est très bruyant, les animaux souvent maltraités, sans parler du bizutage des nouveaux employés… Et l’odeur de la mort règne partout, jusque dans les champs environnants où se pratique l’épandage sauvage. Certains ne supportent pas le travail inhumain dans ces usines à tuer tellement la vie est rude dans ce milieu sans concession, milieu viril et taiseux où les patrons font la loi. Et cela va même jusqu’à la mort.

La Tuerie est une bande dessinée politique et sociale. C’est une enquête qui se lit comme un polar. Le récit est prenant du début à la fin et on ne peut que le lire d’une traite car on ne découvre qu’à la fin ce qu’il s’est vraiment passé. Le sujet nous fait nous interroger sur la condition ouvrière, la société de consommation, la politique (le directeur de l’usine Gourdin est également maire de la ville), et aussi la maltraitance animale.

Malgré quelques passages chocs, (âmes sensibles s’abstenir !), ce polar social vaut le coup d’être lu pour bien comprendre notre société actuelle et en apprendre aussi sur le traitement des animaux en abattoirs.

C’est un excellent album qui fait réfléchir, qui dérange, tout en apportant du divertissement. La couverture est également réussie, un boeuf et ses différentes parties numérotées comme on peut en voir chez le boucher, et une illustration intérieure avec des cochons. On reste dans le thème.

A lire et à faire lire.

Monique Z.

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